Hellzine n°11 | Interview complète d'Insomnia

Insomnia est un groupe qui s’est formé il y a vingt ans. Pourquoi avoir arrêté et que s’est-il passé entre l’arrêt du projet et sa reprise ?

Nikko (batterie) : Le groupe avait décidé d’arrêter il y 15 ans maintenant. Très honnêtement je ne sais plus dire pourquoi, probablement un manque de temps pour certains et de motivation pour d’autres. Pour ma part, j’ai rejoint des formations telles que Dollsex, Mystica, Seven Tongues Of God ou encore Hydra. On a tous fait pas mal de scène et enregistré des albums ou E.P., Romansky (basse) avec Narthex ou Morning Chaos, Fred (chant) avec Negative Way et Bleed, et Val (guitare) avec In-Quest ou encore Emeth.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de revenir ?

Fred JST-VDB (chant) : Je crois que l’envie n’a jamais disparu. Mais l’occasion faisant le larron, c’est à l’initiative des deux frères fondateurs, et particulièrement de Ludo, alias « le coach », qu’Insomnia s’est reformé. Partant d’une « discussion » de fin de soirée (tu vois le genre…), le défi fut lancé de recontacter les membres afin de fêter ses 40 ans. Chose promise, chose due, et quelques semaines plus tard, nous reprenions les armes.

Comment définiriez-vous votre musique et quelles sont vos influences ou groupes préférés?

Fred : Le débat est houleux ! Le vocabulaire et les classifications ont évolué en vingt ans ! Jusqu’ici, nous nous qualifiions de groupe de Power Metal, sauf que, selon la taxonomie actuelle, on parlera plutôt de Groove Metal. Je crois… En tous cas, nous proposons un Metal old school carré, puissant et efficace avec une touche plus actuelle au chant. Nikko : On dira Groove Metal ! Pour les groupes, ça n’a pas changé depuis des années : Grip Inc., Dearly Beheaded, Slayer, Pantera, Pissing Razors, Machine Head,...

Qui compose dans Insomnia aujourd’hui ?

Fred : Insomnia compose en groupe. Chaque membre apporte ses idées de riffs et, partant d’idées distinctes, le travail collectif consiste à trouver les liants qui permettront d’arriver au morceau final. Parfois l’idée de base reste presque inchangée mais cela fait toujours l’objet d’un travail d’équipe pour les finitions et la mise en place. Nikko : Les morceaux plus anciens ont été composés par mon frère Ludo et moi-même. Depuis son départ, chacun essaye d’y apporter sa touche et forcément le style évolue vers quelque chose d’un peu différent sans toutefois renier les racines.

Quels sujets abordez-vous dans vos paroles et qui les écrit ?

Fred : Les textes anciens parlent d’enfer, de foi envers le Metal et des insomnies que provoquent les déviances de la société en général chez beaucoup d’entre ceux qui, du moins, réfléchissent un minimum sur le sort de notre humanité. Aujourd’hui, vingt ans après, c’est plus introspectif. Les textes parlent de situations plus particulières, de situations de vie. Nos regards ont changé mais sont toujours aussi critiques. L’insomnie reste le thème de prédilection puisque nous évoquons ce qui nous porte, ce qui nous fait avancer, par contraste avec tout ce qui nous emmerde profondément quand on regarde autour de nous. Les textes combattent nos monstres en quelque sorte. Depuis la reformation, j’écris les textes. Les anciens textes étaient écrits par Bardus, chanteur de la première génération.

Vous avez déjà quelques dates à votre actif depuis votre retour. Je pense notamment à la date avec Nervosa. Quelles impressions en gardez-vous ?

Fred : On a eu cette chance, oui ! Le concert avec Nervosa restera une expérience terrible ! Sold out vingt minutes avant le début des hostilités. C’est remarquable ! Mais ce qu’on retiendra le plus c’est l’ambiance exceptionnelle de cette soirée dantesque ! Quelle énergie ! Encore merci au public qui s’est déchainé malgré la chaleur suffocante ! On a pu jouer également à Ans, à Lens et prochainement nous foulerons les scènes de Chapelle-Lez-Herlaimont en octobre et d’Alleur pour le MetalFest de décembre. D’autres dates sont attendues en 2018 bien sûr.

Avec quels groupes rêveriez-vous de partager la scène ?

Fred : Qu’est-ce qu’on aurait aimé partager la scène d’Anthrax au Reflektor par exemple ! Plus raisonnablement, pour ma part, ouvrir pour Channel Zero reste un rêve indétrônable.

Selon vous, qu’est-ce qui a changé sur la scène belge par rapport au moment où vous avez commencé ?

Fred : Quand je repense au concert avec Nervosa, j’y ai retrouvé l’énergie et l’ambiance des dernières années du siècle dernier. Tu sais, quand les gens sortaient encore fréquemment de chez eux plutôt que de rester scotchés sur leurs écrans. Mais globalement, aujourd’hui, la société, plus individualiste encore, n’encourage plus les petits concerts locaux. Je connais plusieurs organisateurs de concerts ou festivals qui se cassent souvent les dents par manque de public. C’est dommage. Nikko : J’ai l’impression que les gens prennent moins le temps de découvrir les groupes. L’ère du MP3 et d’Internet a modifié le comportement du public et la scène locale. C’était clairement plus sympa il y a 10-15 ans mais je pense qu’on n’a pas encore trop à se plaindre en Belgique quand on voit le nombre de scènes sur lesquelles il est possible de se produire. Enfin, si on nous en laisse la chance...

Finalement, quels sont vos projets à court ou à long terme ?

Fred : Faire ce qu’on a toujours fait : se retrouver entre amis qui ont une passion commune, composer et boire des pintchesss ! On a des projets : l’enregistrement d’un nouvel E.P. fin du mois de septembre pour pouvoir prétendre à des scènes plus ambitieuses. On veut partager notre passion sur scène un maximum ! Insomnia reste un groupe de scène. Il n’y a rien à faire, c’est face au public qu’on peut faire sortir tout ce qu’on a dans nos tripes !

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