Hellzine n°12 | Interview complète de The Dark Element

Anette Olzon est de retour aux côtés de Jani Liimatainen avec The Dark Element, un nouveau projet entre rock et sympho dont la très agréable chanteuse nous parle dans ces lignes.

Cela fait plaisir de t’entendre chanter à nouveau ! Comment te sens-tu aujourd’hui, maintenant que la sortie de l’album se rapproche ? Mon ressenti général est très agréable. C’est toujours comme ça quand tu as enregistré un album depuis un moment. Puis tu sors un extrait, puis un autre et plus ça avance, plus tu as envie que les gens l’entendent en entier.

Comment le groupe a-t-il été créé ? Peux-tu présenter les musiciens avec qui tu travailles ? En fait, il s’agissait au départ d’un projet studio mis au point avec Jani, ce n’était pas un groupe à proprement parler à ce moment-là. Ça a commencé après un autre projet que j’ai réalisé avec Frontiers pour un autre groupe. Il y a plus ou moins un an et demi, le label m’a recontactée pour me demander si j’étais intéressée de travailler sur un projet solo de Jani, ce que j’ai accepté car ça me semblait être une bonne idée de travailler avec d’autres musiciens. Jani a pris quelques mois pour écrire et composer les chansons que j’ai ensuite reçues pour poser ma voix. Concernant les musiciens, nous jouons avec Jonas à la basse et un autre Jani à la batterie. Ils sont tous les deux dans l’autre groupe de Jani, Cain’s Offering, donc ils se connaissent bien tous les trois, ce qui a sans doute facilité leur intégration dans le projet.

Comment avez-vous choisi le nom du groupe ? À vrai dire, nous n’avons pas choisi de nom de groupe. « The Dark Element », c’est le nom de l’album, et quand on l’a révélé, tout le monde a commencé à nous appeler comme ça, même le label. Donc, je suppose que c’est notre nom maintenant (rires). On ne l’a pas choisi, si ce n’est pour le titre de l’album. Nous hésitions entre ça et « Ghost And The Reaper » mais nous sommes finalement tombés d’accord sur le fait que « The Dark Element » collait mieux à l’album.

L’artwork est assez surprenant, il est plutôt sombre comparé à la musique de l’album. Pourquoi ce contraste ? C’est assez difficile de l’expliquer, car la signification appartient à l’artiste qui l’a réalisé, mais j’imagine qu’il a donné sa propre interprétation du titre de l’album. C’est vrai que l’album en lui-même est assez léger, c’est mélodique, accrocheur, un peu pop… Mais il y a aussi quelques éléments plus sombres dans les arrangements musicaux et les paroles. Et pour ça, je trouve que l’artwork correspond bien à l’album. Il est sombre, c’est vrai, mais quand tu regardes l’œil, tu peux voir une certaine pureté, c’est un élément positif. Pour moi, cet artwork est un bon mélange entre l’ombre et la lumière que l’on retrouve dans la musique.

Au fait, avez-vous discuté du style de musique que vous alliez jouer ou est-ce arrivé juste comme ça ? Non, pas du tout. En fait, comme Jani a été le seul compositeur et producteur de l’album, il a choisi lui-même le style qui correspondait à sa vision du projet et qui collerait avec ma voix. Je pense qu’il a pris une direction qui mélange ce que nous avons fait tous les deux auparavant, c’est-à-dire du rock mélodique et du metal symphonique avec un côté prog.

Est-ce qu’il y a un thème principal abordé dans les paroles ? Si pas, quels sont les sujets dont vous parlez ? Eh bien, c’est Jani qui a écrit les paroles, donc il est le seul à en connaître la signification exacte, mais je sais qu’il y a un fil rouge qui traverse les chansons. Pour moi, c’est un album qui parle d’ombre et de lumière… Il y a des textes qui évoquent la douleur que l’on peut ressentir lorsque quelqu’un nous utilise ou nous blesse, particulièrement quand il s’agit d’une personne que l’on pensait connaître : « Someone You Used To Know ». « Ghost And The Reaper » est une chanson très sombre, par exemple, mais on a aussi des chansons plus positives, comme « Last Good Day », qui parle de vivre sa vie au jour le jour, comme si c’était notre dernière belle journée. Pour moi, on part de l’obscurité, des choses négatives pour arriver à la lumière et à des événements heureux.

Cela n’a pas été difficile pour toi d’interpréter les mots de quelqu’un d’autre ? Non, pas du tout, je l’ai fait tant de fois ! C’est assez commun quand on est chanteuse dans un groupe où c’est quelqu’un d’autre qui écrit les textes, donc je n’ai aucun problème avec ça. Bien sûr, le résultat est parfois étonnant. Je me souviens avoir posé ma voix sur une chanson et Jani avait trouvé ça trop heavy car il imaginait quelque chose de doux au départ. Mais finalement, il a trouvé ça cool et on a gardé ma version. Je pense qu’il avait une vision de chaque chanson, mais qu’il m’a laissée les interpréter comme je le voulais, et si ça n’allait vraiment pas, il m’aurait demandé de changer. Heureusement, il ne l’a jamais fait ! (rires)

Une question un peu longue maintenant. Quelque chose m’a surprise en écoutant l’album. C’est très rafraîchissant dans l’ensemble et il y a des chansons très addictives comme « The Dark Element » ou encore « Halo ». Cependant, vous avez décidé de sortir « My Sweet Mystery » en premier lieu, qui rappelle Nightwish sous certains aspects. N’as-tu pas eu peur de la comparaison ? Si bien sûr, je le savais (rires) ! C’était certain qu’il allait y avoir des comparaisons parce qu’il y a des similitudes, même si ce n’est pas de la copie. Et d’une façon générale, les gens comparent toujours la nouveauté avec ce que tu as fait auparavant. Mais je ne m’en fais pas, je pense que les gens qui me suivaient dans Nightwish sont contents de m’entendre à nouveau chanter dans ce registre. Pour ma part, j’ai adoré chanter les chansons de Nightwish et j’ai trouvé ça génial que Jani me propose des chansons dans ce style.

Est-ce qu’il y a une chanson que tu préfères sur l’album ? Eh bien, tu as mentionné « Halo » et j’aime beaucoup cette chanson. Comme tu l’as dit, elle est très accrocheuse et joyeuse. J’aime aussi beaucoup « Last Good Day » parce que le texte est très beau. Mais il y a beaucoup de bonnes chansons sur l’album, donc c’est difficile d’en choisir une seule.

Il y a aussi quelque chose que je me demande : est-ce plus facile de lancer un nouveau projet quand on a fait partie de groupes connus ou est-ce comme repartir de zéro ? Je ne sais pas. Je pense que quand on est musicien, on aime essayer de nouvelles choses, et ce projet est une bonne façon de prendre un nouveau départ, autant pour Jani que pour moi qui avons joué dans de plus gros groupes par le passé.

Tu as dit plus tôt que c’était un projet studio à la base. Est-ce que cela veut dire que vous ne prévoyez pas de tourner ? Effectivement, nous avions décidé dès le début que c’était un projet studio. Quand on commence un tel projet, on ne sait jamais vraiment ce que ça va donner. Mais maintenant que les gens ont entendu ce qu’on faisait, des organisateurs aimeraient nous booker. Je sais que nous avons reçu des propositions et nous sommes en train de discuter au sujet de se produire en live ou non. Il se peut que l’on devienne un groupe à part entière avec d’autres musiciens pour que l’on puisse tourner. Nous verrons ce qui se passera l’an prochain.

Sinon, prévois-tu d’autres albums en solo ? J’espère ! Ça a été une belle expérience, j’adore écrire ma musique et mes textes. Mais actuellement, je n’ai pas vraiment le temps avec tout ce qui se passe. Cependant, le fait de m’être remise à la musique avec The Dark Element a enclenché un processus créatif qui me donne à nouveau envie de composer mes propres chansons, donc je pense préparer quelques morceaux dans un futur proche. Quant à savoir quand et si ce sera un album complet, je ne sais pas. Sinon, je sortirai peut-être quelques chansons en auto production, comme je l’ai déjà fait, mais je n’ai aucun plan défini pour le moment.

Tu viens justement de mentionner que tu es très occupée et je me demande comment tu fais. Tu es une maman, une chanteuse, une blogueuse, tu as repris des études et tu fais aussi beaucoup de sport. Où trouves-tu l’énergie pour faire tout ça ? Eh bien, je mentirais si je disais que j’ai de l’énergie tout le temps. Il y a parfois des moments où je m’écroule. Je suis assez stressée en ce moment et j’ai des problèmes d’hypertension. Mais je suis aussi ce genre de personne énergique qui a constamment besoin de faire plein de choses différentes. Je veux faire toutes ces activités pendant que je suis encore vivante, si tu vois ce que je veux dire. Parfois, j’ai l’impression que c’est trop mais je préfère avoir beaucoup de choses à faire que rien du tout (rires).

Je suis un peu hors sujet, mais une de mes chansons préférées est « October And April », que tu chantes avec The Rasmus. Est-ce que tu as encore des contacts avec ce groupe et referais-tu une collaboration avec eux si tu en as l’occasion ? Oh oui ! J’adore cette chanson et j’adore The Rasmus aussi, c’est un de mes groupes préférés. Je les ai revus il y a quelques années lors d’un festival en Finlande où je jouais ma musique solo. Je pense que Lauri habite aux Etats-Unis, mais il se peut qu’il soit en Finlande actuellement car The Rasmus vient de sortir un nouvel album. Et bien sûr, j’adorerais chanter à nouveau avec eux, ils sont vraiment sympas et font de superbes chansons. C’était vraiment génial de participer à l’une d’entre elles. On ne sait jamais ce qui peut se passer, et s’ils ont besoin de moi, je serai là avec plaisir !

Et si tu pouvais faire un duo avec l’artiste de ton choix, qui choisirais-tu ? Ce serait Sting. Je le dis depuis des années et ça ne changera jamais. C’est mon artiste préféré depuis toujours. Il m’inspire depuis que je suis enfant et ce serait le plus gros événement de ma vie si je pouvais chanter avec lui (rires) !

Sinon, il y a une question que je pose presque systématiquement aux artistes parce qu’ils ne répondent jamais la même chose : quand tu composes de la musique ou écris des chansons, qu’est-ce qui t’inspire le plus ? De l’extérieur, je suis une personne très heureuse mais j’ai une part sombre et mélancolique en moi. Peut-être que d’autres musiciens ressentent la même chose… Je suis un peu comme un clown, en fait, qui fait rire tout le monde, mais une fois seule j’ai des pensées très noires. Et quand j’écris de la musique, j’extériorise des événements difficiles de la vie, qu’ils me concernent ou non. Je dois être dans une certaine disposition pour travailler sur ma musique. Je préfère être un peu triste pour écrire mes chansons.

J’en ai maintenant terminé avec mes questions. As-tu quelques mots pour tes fans belges pour finir cette interview ? Oui, bien sûr ! Tout ce que j’espère c’est que vous allez aimer cet album et que je pourrai revenir vous voir en Belgique. C’était une belle expérience quand j’ai pu le faire avec Nightwish. À bientôt !

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