Hellzine n°14 | Interview complète de Gus G.

De retour en solo pour un troisième opus intitulé “Fearless”, le guitar hero Gus G a uni ses forces à celles de du batteur Will Hunt (Evanescence) et du bassiste/chanteur Denis Ward (Pink Cream 69, Unisonic). Il nous donne quelques détails sur cette collaboration dans ces lignes.

Pourriez-vous nous parler de la création de l’album ? Vous sembliez très occupé par votre projet "Firewind" l’an dernier. On a eu des périodes de repos entre les tournées. J’ai même partiellement tourné en solo, mais je pense que l’album s’est écrit par petits morceaux à gauche et à droite. On a commencé à l’écrire vers mars/avril et on l’avait terminé en août. Tous les morceaux ont été composés par groupes de deux.

Pourquoi avez-vous décidé d’appeler cet album "Fearless" ? Cet adjectif correspond-t-il à votre état d’esprit actuel ? Je pense que surpasser ses peurs est très important, car nos peurs nous empêchent parfois de réussir et de poursuivre notre vie normalement. (Parfois, c’est la peur de perdre nos proches et notre lien à eux.) Je pense qu’on n’a qu’une seule vie, et qu’il faut donc en profiter et faire ce qu’on aime. C’est une philosophie de vie très importante pour moi.

Comment en êtes-vous venu à collaborer avec Dennis Ward (chant, basse) sur cet album ? J’avais déjà collaboré avec lui pour l’album "Immortals" de Firewind. Par ailleurs, en 2009, nous avions composé des morceaux ensemble pour un projet qui ne s’était jamais concrétisé, et qui a abouti à Unisonic (groupe de Dennis Ward auquel je n’ai pas participé car j’étais trop occupé à ce moment-là). Certains des morceaux que nous avions composé à ce moment-là avaient été laissés en rayon, et j’ai décidé de les remanier. J’en ai discuté avec Dennis et nous avons commencé à travailler ces morceaux pour cet album en même temps que nous travaillions sur "Immortals".

Comptez-vous jouer cet album en tournée une fois qu’il sera publié ? Tout à fait ! Je ne pensais pas que Dennis serait intéressé, et on se demandait qui allait chanter ses parties sans sa voix : c’est assez difficile d’interpréter les lignes chant de quelqu’un d’autre. Mais comme il était intéressé, le problème ne s’est pas posé !

Y a-t-il d’autres membres invités sur cet album ? Il n’y a pas de membres invités. Tous les morceaux ont été interprétés par nous trois (Gus G., Dennis Ward, et Will Hunt, batteur d’Evanescence). Cette construction solide et constante du début à la fin de l’album se distingue effectivement de mes autres albums aux nombreux membres invités.

Comment avez-vous rencontré Will Hunt, d’ailleurs ? Je l’ai rencontré à Francfort en tournée avec Steve Stevens l’an dernier. On restait au même hôtel et lui y était en fait pour la Musikmesse (salon d’instruments de musique). On a parlé musique autour d’un verre dans le bar de l’hôtel et on s’est échangé quelques bonnes adresses, et cette rencontre m’a rappelé qu’il était un de mes batteurs favoris. Quelques semaines plus tard, l’idée a mûri dans mon esprit et j’ai décidé de le contacter pour lui proposer d’être le batteur de ce projet.

Souvent, les guitaristes qui se lancent dans un projet solo préfèrent le format instrumental, ce que vous ne faites jamais. J’ai entendu que certains morceaux de cet album seraient instrumentaux en raison de demandes de vos fans. Est-ce vrai ? Oui, je pense que leur demande a fait germer l’idée. Cela dit, ce lien entre un projet solo de guitariste et un album instrumental est un peu un cliché, je trouve. Bien sûr, le projet est à mon nom, mais ce n’est pas une raison pour que tous les morceaux tournent autour de moi.

Avez-vous un morceau favori sur cet album ? Pas vraiment. Je n’ai pas de préférence pour l’instant, mais je crois que ça changera lorsque j’aurai l’occasion de les jouer en concert.

Parmi tous les titres qu’il était possible de reprendre, pourquoi avez-vous choisi "Money for Nothing" ? J’aime beaucoup ce morceau et l’idée d’en faire une version très joyeuse me trottait dans la tête depuis longtemps. Donc j’en ai enregistré une démo que j’ai envoyé à Dennis pour lui proposer de la jouer juste pour le délire.

Savez-vous quels sont les sujets abordés dans les paroles ? Dennis travaille-t-il seul sur les paroles ? Si oui, a-t-il carte blanche sur les thèmes qu’il aborde ? Il écrit les paroles seul mais nous en discutons souvent avant qu’il commence. Il me propose certaines idées de sujets à aborder, et je lui propose certains titres  ou thèmes. Certains morceaux parlent de son vécu, et bien sûr, nous abordons aussi le sujet de l’amour sur la ballade "Nothing To Say". "Letting Go" aborde spécifiquement le sujet de l’ombre et de la lumière que je lui ai proposé, et sans surprise, "Mr. Manson" est un texte au sujet du criminel Charles Manson. Ce morceau est parti d’un riff très inspiré de Black Sabbath que j’ai proposé à Dennis, et d’ailleurs j’ai voulu le montrer à Ozzy mais ça ne s’est pas fait finalement. Déjà comme ça, il m’a charrié parce que le nom d’un de nos morceaux ("Mr. Manson") ressemblait à un de ses morceaux phares ("Mr. Crowley") (rires).

Qu’est-ce qui vous inspire à composer de manière générale ? Les idées me viennent en improvisant à la guitare, ou en décidant concrètement que j’aimerais composer un morceau dans un certain style, une certaine énergie.

Que ressentez-vous à l’idée d’être considéré comme un guitar hero ? Ça fait plaisir à entendre quand je constate que certains le pensent, mais… J’essaye de ne pas trop prendre ces remarques au sérieux, surtout que j’ai mes propres idoles qui sont à un autre niveau.

Qui sont tes idoles ? J’en ai beaucoup, de Jimi Hendrix à Paul Gilbert, en passant par Jimmy Page, Yngwie Malmsteen, Joe Satriani, Gary Moore…

Connaissez-vous également des guitariste de la dernière génération qui pourraient aussi obtenir le niveau d’un guitar hero ? Bien sûr, cette génération fleurit, les jeunes groupes prometteurs sont très nombreux.

Quels sont vos groupes favoris de la dernière génération ? Je n’en ai pas vraiment. J’écoute surtout ces vieux groupes qui m’animent (rires).

Quel souvenir gardez-vous des moments partagés sur scène avec Ozzy Osbourne ? Cette expérience a vraiment fait de moi un bien meilleur guitariste et un musicien beaucoup plus pro. Même la qualité de mes performances scéniques s’est améliorée. C’était vraiment une chance incroyable d’être au côté des plus grands groupes dans le monde et de jouer à un tel niveau.

Si vous pouviez rejoindre un autre groupe, lequel choisiriez-vous ? Difficile à dire, je n’ai jamais vraiment été du genre à me perdre dans ce genre de fantasme. Je voulais surtout avoir mon propre groupe. J’aurais aimé jouer avec Scorpions, et d’ailleurs j’ai déjà improvisé avec eux (j’en garde un très bon souvenir).

Qu’avez-vous prévu cette année en termes d’enregistrements ou de concerts ? Je compte surtout jouer en tournée pour ce nouvel album. La première a déjà commencé, et nous enchaînerons avec les festivals d’été, en plus d’une tournée aux États-Unis. D’autres dates sont encore à annoncer, en ce compris certaines en Asie. Cette année sera chargée !

Avant de clôturer cette interview, saviez-vous que le directeur de notre magazine (Bart) avait déjà joué avec le batteur de votre groupe Firewind ? Non, je n’étais pas au courant !

Avez-vous quelques mots pour vos fans belges afin de clôturer cette interview ? Merci pour cette interview et pour tous ceux qui vous liront. Nous passons toujours de bons moments sur les scènes belges et vous êtes nombreux à nous soutenir, donc je suis impatient de revenir y jouer.

Merci beaucoup du temps que vous avez consacré à cette interview, et je vous souhaite le meilleur pour votre album et vos tournées. Merci Isabelle ! 

De rien, au revoir ! À plus.

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