16.09.2017 | From Dusk Till Doom 3

C'est sous un ciel menaçant déchiré régulièrement de lumière intense et avec le moral en berne que je me rends péniblement au désormais traditionnel festival des âmes en peine et lourdes. From Dusk Till Doom n'est pas le rendez-vous des slammers en folie et encore moins des métalleux en recherche de mosh pit et autres circle pits...

Les Bataves de Treurwilg ouvrent cette édition. Ils viennent nous faire découvrir l'univers lourd et puissant de leur premier album. Leur musique Death/Funeral Doom nous entraîne dans les abysses et nous accompagne vers les profondeurs du reste de la journée. Sans concessions, les avoir programmés comme premier groupe nous jette directement dans le vif du sujet.

Au tour des Liégeois de Fading Bliss. Pour ceux qui ne connaissent pas ces valeureux, ils ont réussi le dur pari de marier à la perfection le Doom et le "Metal Female Voice". Les duels de voix peuvent rappeler les tout premiers albums de Theatre Of Tragedy mais sur un fond de bon gros Doom digne des premiers albums de My Dying Bride. Tout en étant proche musicalement de ces deux groupes mythiques, les Liégeois ont réussi à créer leur propre atmosphère. La voix cristalline de Mel est en parfaite opposition aux gros grunts de Dahl, le tout accompagné par une ligne mélodique majestueuse.

Insanity Reigns Supreme... Le concert n'a pas encore commencé que toute la salle est remplie de fumée dans une odeur écrasante d'encens. Les pionniers flamands font un sale mélange de Death/Black/Doom pas très subtil... et ils ne sont pas là pas pour faire dans le propre et encore moins dans le subtil. Les prêtres flamands font dans le gros lourd qui tache. Ils ne font pas dans l'absolution et encore moins dans le pardon. Leur messe noire est donnée aux fidèles de manière brutale et sans concession ! Et même s’il y a de brefs passages angéliques qui nous laissent respirer, c'est pour mieux nous faire replonger dans l'ambiance malsaine et oppressante.

La messe n'est pas encore dite... Voici, venu du Nord, un des groupes les plus attendus de cette édition du festival : Abyssic. Les Norvégiens, dont c'est la première venue dans le plat pays, font comme leurs ancêtres quand ils brûlèrent la région : pas de quartier, pas de pitié ! Formé d'anciens membres de Dimmu Borgir ou encore de Sirenia, Abyssic surprend. La première surprise vient du chanteur, qui joue également du violoncelle. Le concert se fait intimiste, quelques spots rouges venant de l'arrière et deux grands chandeliers. C'est tout. Leur Doom boréal ravit, il est puissant et sombre  mais également par la fraîcheur de leurs compositions. Très innovant, même si c'est du Death/Doom symphonique, c'est un groupe à suivre absolument. Une heure de plaisir auditif et visuel, sauf pour les photos. Leur premier album risque de rester longtemps dans l'autoradio...

La dernière fois que j'ai vu les Français de Monolithe sur scène, c'était en juin dernier au Hellfest. Depuis, ils ont un nouveau chanteur. Rarement en concert, et encore plus chez nous, il faut en profiter. Avec leur Doom à l'opposé de ce qui se fait habituellement, ils nous emmènent dans un voyage aérien. On pourrait croire que l'opposé du Doom est la vitesse d'exécution, mais non. Leur son bien lourd et lent devient léger avec l'ambiance du clavier et les envolées aigües des guitaristes. Cependant, le grunt nous rappelle qu'on ne vole pas comme un colibri mais plutôt comme un goéland. Lourd et léger, lent et rapide, ce curieux mélange s'appelle Monolithe. Tout comme les autres groupes de l'écurie des Acteurs de l'Ombre, ils sont uniques et nous rappellent que l'on peut toujours sortir des sentiers battus et avoir une nouvelle approche très innovante dans un style de musique.

Avant-dernier groupe, Throes Of Dawn. Ce groupe finlandais est également présent chez nous pour la toute première fois... et ils existent depuis 1994 ! Sur toute la journée du festival, ce sont des OVNI. Musicalement, c'est la géniture incestueuse de Pink Floyd et d'un groupe de Doom. Voix principalement claire de type Metal Gothique année 90... A première lecture, ça pourrait faire peur mais en jouant après Monolithe, il y a une sorte de continuité et ils donnent un peu de calme avant la tête d'affiche.

Et pour finir, les Anglais d’Esoteric, encore un vieux groupe de la scène Metal. Ils n’ont que six albums à leur actif en 25 ans de carrière mais ce sont des pionniers du Funeral Doom. Très attendus par le public, ils ne défailleront pas et ont joueront un set énorme. Une heure quanrante-cinq à vous mettre la tête à l’envers, votre cerveau jouant au ping pong avec les sentiments ressentis. Il est temps de rentrer chez soi, le moral un peu dans les chaussettes pour différentes raisons, la première étant forcément le style de musique. Dix heures de Doom, ça laisse des traces. Ensuite, ce petit festival est très bien organisé et très convial, et ce malgré la musique « dépressive ». C’est vrai que ce style musical est toujours resté très intimiste et très spécial, autant du côté du public que des groupes. Enfin, les rencontres avec le public et les groupes, les découvertes musicales, font que l’on n’a pas envie de partir. Bref, si vous aimez le Doom ou que vous voulez découvrir ce style, n’hésitez surtout pas ! Vivement l’année prochaine.

In Doom We Trust !

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