30.03.19 | Metalworksfest @ Kuurne (BE)

Nous avons rendez-vous ce Samedi 30 Mars dans la banlieue de Courtrai, à Kuurne, pour assister à la 3ème édition du Metalworkfest. Le festival croît en renommée  et confirme la force de la Belgique pour organiser des événements de qualité dans des salles à taille humaine. Organisé dans la salle St Pierre, le festival propose une affiche variée avec, en point d’orgue, un grand nom de la scène métallique belge des années 80.

Ce sont les Ostendais de Lethal Injury qui ouvrent les hostilités. Le groupe fait face à une salle correctement remplie et va donner, une nouvelle fois, une belle leçon de thrash. Dans la lignée de Death Angel ou Testament, le groupe envoie la sauce avec férocité. D’entrée, avec ‘Mothman’, le rythme est intense. Rambo Exodus s’arrache les cordes vocales avec une force énorme et à ses côtés ses compères arrachent tout sur leur passage à grands coups de riffs ultrarapides. ‘Melancolia’ puis ‘Denounce’ enfoncent le clou et on apprécie un ensemble très maitrisé avec des soli furieux et une batterie mitraillette qui ne fait pas de quartiers. La reprise du ‘Fucking Hostile’ de Pantera fait son effet sur le public, le titre restant un classique très apprécié. Puis le côté speed va encore s’accentuer avec ‘Suicidal Call’ ou ‘The Downward Spiral’ pour le plus grand plaisir de tous. Ce côté bourrin est jouïssif et ravit les amateurs. En fin de concert, ‘Hate Song’ et ‘Veiled Woman Of The Black’ confirment le talent du groupe et montrent même une certaine finesse avec un joli break plus calme.  Le concert a été une réussite. LethalInjury prouve qu’il est un grand espoir de la scène thrash et qu’il faudra suivre son parcours avec la plus grande  attention.

Après cette claque mémorable, place à Anwynn. Il est à noter que l’attente entre les prestations est d’une durée correcte et permet de reprendre des forces.  Depuis sa création en 2007 le groupe wallon a su se faire un nom avec un métal symphonique qui emprunte autant à Epica qu’à Amon Amarth pour la facette death. Porté par un duo de chanteurs, McBouc pour le growl et Eline pour le chant féminin, le groupe va proposer une solide prestation. Les musiciens sont nombreux sur scène mais l’harmonie va être de mise. Le clavier d’Astrid se fait bien entendre face aux guitares et la batterie. D’entrée, l’intro plante le décor, la voix angélique d’Eline fait merveille puis ‘Shine’ ravit les amateurs, les chants se complètent parfaitement et on apprécie un bon moment de métal symphonique puissant et accrocheur. ‘Anwynn’ voit le groupe appuyer sur l’accélérateur avec une facette death qui colle au mur. Le titre est riche, oscille, ensuite, entre mélancolie , violence brute et présente un solo bien heavy. La suite est tout aussi plaisante. Chaque chanson est un plaisir pour tout amateur de métal symphonique. ‘No Victory’ est épatante et met parfaitement en valeur les chanteurs , tandis que ‘Ghost Of Stonehenge’ ou ‘Requiescat In Pace’ ravissent avec cette facette épique interprétée avec virtuosité . En fin de concert, la reprise du ‘Now I Lay They Down’ de Machine Head est savoureuse, le titre passant bien à la sauce symphonique. Enfin ‘Swords & Blood’ achève ce concert apportant une fraîcheur nouvellle. Anwynn a proposé un très bon show à la fois puissant et accrocheur, une jolie synthèse du style.

Avec Moker, nous restons en Belgique, mais vers des horizons plus brutaux. Les Anversois évoluent dans un death métal qui vogue souvent vers le deathcore pour un résultat défrisant. Ce terme sera très approprié pour décrire la tempête qui va s’abattre le public ! Après une montée en puissance remarquable d’intensité, le groupe colle une première grosse claque avec ‘Break & Enter’ extrait du dernier album, Home Invader. Ad De Wachter s’arrache les cordes vocales avec férocité et on savoure un côté speed percutant. ‘Held Hostage’ confirme la forme du groupe, ce savant mélange de death old school et moderne est d’une rare efficacité. ‘Total Domination’ enfonce le clou ensuite ,avec sauvagerie. Ad bouge dans tous les sens comme une pile électrique et le public savoure cette leçon de violence. Chaque titre va donner l’impression de repousser les frontières de la brutalité. ‘Throat Snatcher’, ‘The Act Of Lacerating’ ou ‘As I Stalk My Prey’ sont des bombes qui font penser autant à Waking The Cadaver qu’à un Morbid Angel des grands jours. En fin de concert, on fera ressortir un énorme ‘Reminiscence Of A Psychopath’ avec ce côté thrash et jump que ne renierait pas Soulfly. Moker a frappé fort avec un concert qui en a laissé quelques-uns sur les rotules ainsi qu’une une bonne vieille odeur de sueur dans les premiers rangs.

Cette tempête a fait des dégâts et la pause est la bienvenue avant l’arrivée de l’orage suivant. Distillator s’annonce et, là encore, chacun s’attend à prendre très cher. En peu de temps et deux albums brûlants, ils se sont fait un nom partout où ils passent. Les Néerlandais font un carton avec un thrash old school droit tiré des années 80 entre Destruction et Slayer. Le trio  va droit au but et déballe tout, d’entrée de jeu, avec un titre taillé dans le meilleur du genre. Le ton speed met le feu et, derrière son micro, Desecrator s’arrache les cordes vocales avec un ton criard dans cet esprit 80’s. Cette claque est intense et le ton est encore plus speed digne d’un Overkill ou d’un Motörhead sous amphétamines. La basse se fait bien entendre, puis, c’est une nouvelle boucherie grâce ce chant aiguisé qui déporte. On savoure aussi de belles montées en puissance, histoire de faire encore plus mal. Le public apprécie et quelques pogos se déclenchent. Derrière ‘Suicidal’ est encore plus bourrin et est rehaussé par un solo de feu dans  un pur esprit thrash. La suite ne fait pas de quartier et le groupe appuie encore sur l’accélérateur. On pense à Slayer, bien sûr, pour ce côté speed. Avec la reprise de ‘Black Magic’, le trio fait honneur à la légende. Il s’approprie ce classique avec classe et les pogos sont encore plus intenses . L’apothéose, c’est la fin du concert ,  pour le plus grand plaisir d’un public déchaîné. Distillator a frappé fort avec       sa prestation brûlante, il confirme qu’il est bien plus qu’un espoir et a tous les atouts pour devenir un des patrons de la nouvelle génération.

Après cette bourrasque, chacun reprend ses esprits, car la soirée est loin d’être terminée. Il reste des pièces de choix et la première est très attendue. Depuis ses débuts en 2013 Carnation n’a pas perdu de temps. Avec son death proche d’un son à la suédoise entre Entombed et Dismember, il a fait un carton partout où il passe. Son premier album, sorti l’année dernière, a d’ailleurs  confirmé tous les espoirs. Ce concert va être une claque en pleine tronche. D’entrée avec ‘The Whisperer’ le groupe ne fait pas dans la dentelle, derrière son micro, Simon en impose avec son maquillage rouge sang lui couvrant le visage. Gras et lourd, le morceau s’avère être  un excellent moment d’écoute, au rythme énorme et d’une puissance de feu remarquable. Après ce début intense, ‘Hellfire’ enfonce le clou avec un rythme ultrarapide et un  chant guttural tout droit sorti des enfers. ‘Plaguebreeder’ est tout aussi violent. Il nous permet de savourer une maîtrise technique parfaite qui n’est pas qu’un simple bourrinnage sans âme. Le début était irréprochable, la suite, ne verra pas l’intensité faiblir. ‘Cemetary Of The Insane’ évoque Cannibal Corpse par sa puissance et assomme une foule compacte. ‘Power Trip’ avec son groove typique met le feu, puis ‘Sermon The Dead’ ne fait pas de quartier avec toujours cette force de frappe remarquable. Ensuite,  avec ‘Delusions Of Power’ ainsi que ‘Hatred Unleashed’ et ‘Disciples Of Bloodlust’, le groupe maintient la pression et tient à la gorge un public très chaud. Le final va être explosif et achever pas mal de monde dans une salle où l’air est de plus en plus brûlant. ‘Chapel Of Abhorrence’, ‘Explosive Cadavers’ et ‘Fathomess Depths’ sont trois missiles qui ne ratent pas leur cible et font d’intenses dégâts. Avec ce concert, Carnation a frappé un très grand coup, il a toutes les cartes en main pour devenir un des patrons du death métal.

 Cette prestation, d’une rare intensité, restera dans les mémoires de pas mal de festivaliers. Il a été l’un des maîtres  du festival.

Après ce coup de tonnerre, il reste un nom pour achever une journée bien remplie. Ostrogoth, c’est le grand nom de la scène heavy métal belge des années 80 aux côtés, entre autres, de Killer ou Drakkar. Reformé depuis 2010, avec Mario comme seul rescapé des temps glorieux, le groupe écume pas mal de scènes. Il ravit les amateurs de ce son old school intemporel et a sorti un excellent Ep, Last Man Standing en 2015. Il compte trois nouveaux membres depuis l’année dernière. A la basse et aux guitares. Au micro,  Josey Hindrix  a brillamment pris le relais de ses aînés. Le groupe va prendre du temps à lancer les hostilités et il est déjà très tard quand celles-ci démarrent. Mais cela n’a pas effrayé les fans qui sont présents aux premiers rangs, prêts pour une fête heavy métal. L’intro plante le décor avec un côté épique annonçant la bataille. Puis, avec ‘Rock Fever’, le concert est idéalement lancé. Josey est parfait avec un timbre haut perché maitrisé et les jeunes recrues travaillent leurs excellents soli. Dans le même esprit, ‘Scream Out’ est très agréable à entendre. Le refrain est  excellent refrain et  la chanson puissamment interprétée,  sans forcer. Ce plongeon dans les années 80 est délicieux et rencontre un joli succès.

La suite va être aussi savoureuse. ‘Shoot Back’ puis ‘Love In The Streets’ font leur effet : des refrains parfaits et des mélodies imparables. On pense à Dio, au Priest, à toute cette grande époque des années 70 et 80. Ostrogoth est en forme et ravit la salle,  avec classe. Ensuite, on apprécie un petit ton, proche de Motörhead avec, de nouveau, des soli parfaits  interprétés par les nouveaux, parfaitement intégrés. Avec ‘Stormbringer’ le groupe balance un autre super moment de heavy au refrain bien troussé. Puis, après un moment à la fois épique et enlevé, le groupe propose un instrumental divin, avec ‘Lord Of Thunder’. Teinté d’un charme 70’s, il est plein de feeling et voit Josey s’emparer d’une guitare acoustique pour un joli rendu. L’enchaînement est parfait avec ‘Do It Right’, cette power ballade possède ce même charme à l’ancienne, pas si loin d’un Uriah Heep, son  côté accrocheur et son chant posé. Puis, avec ‘Last Stribe Standing’ le heavy revient au premier plan, porté par un riff, digne de Black Sabbath. Ce titre récent fait un joli carton. Il propose une excellente fin avec Mario à la batterie avec  un résultat sombre et épique, remarquable de feeling. Avec ‘Clouds’, on retrouve un autre titre du dernier Ep. Porté par un refrain en or, il fait un sacré tabac avec une puissante heavy qui fait plaisir à savourer.

La dernière ligne droite s’engage et elle va être torride. Ostrogoth balance un classique avec ‘Samurai’, Le morceau agit avec une bonne force heavy et un excellent break instrumental. Ce  court solo de guitare nous permet d’admirer une technique parfaite. ‘Too Hot’ est tout aussi excellente ; courte et nerveuse, elle nous offre un autre bon moment de heavy classique. Le final sur ‘Paris By Night’ et ‘Full Moon’s  Eyes’ est tout aussi bon. Ces deux classiques achevant un concert remarquable : même force métallique,  soin de la mélodie qui fait mouche et des refrains parfaits. Ostrogoth a proposé un concert brillant, son nouveau line-up a assuré et il a fait plaisir aux amateurs de ce bon vieux son heavy métal. Il clôt une journée mémorable, à tous  points de vue, avec des prestations de haute volée.

Il nous reste à remercier l’organisation pour son accueil, son travail exceptionnel et, aussi, lui donner rendez-vous pour une nouvelle édition que l’on espère aussi réussie.

Photos : Wacken

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